Thérapie Interpersonnelle : présentation

livre 1984 TIPLa thérapie interpersonnelle (TIP) est une thérapie brève et structurée qui a initialement été développée par G. Klerman dans le cadre de sa recherche sur le traitement de la dépression de l’adulte dans les années 1970. Elle a ensuite été codifiée dans un manuel en 1984. Cette psychothérapie vise l’analyse et la correction des modes relationnels interpersonnels de la personne souffrant de dépression. Elle ne se concentre pas sur les aspects intrapsychiques ou cognitifs de ce trouble psychiatrique.
La thérapie interpersonnelle se fonde sur l’hypothèse selon laquelle la majorité des personnes souffrant de dépression ont des relations interpersonnelles perturbées qui déclenchent ou suivent l’apparition du trouble de l’humeur. Il en résulte que le travail thérapeutique visant à résoudre les difficultés marquant ces relations interpersonnelles favorisera l’amélioration des symptômes dépressifs.

La démarche thérapeutique de la thérapie interpersonnelle va s’appuyer sur l’exploration des quatre domaines problématiques fortement corrélés à la dépression, à savoir : le deuil, les conflits interpersonnels, les transitions de rôle et les déficits interpersonnels. En fonction de l’exploration, un (ou deux maximum) de ces domaines va être alors le centre de la thérapie.
Pour atteindre les objectifs fixés pour chaque domaine problématique, le thérapeute peut faire usage d’un certain nombre de techniques suivantes :
L’exploration, la clarification, l’encouragement de l’expression des sentiments, l’analyse de la communication et l’analyse décisionnelle.
La thérapie interpersonnelle est structurée selon trois phases (initiale, intermédiaire et finale), chacune avec des objectifs précis et des stratégies spécifiques associées aux techniques nécessaires pour chaque domaine problématique identifié.

En termes de durée, la prise en charge s’effectue en 12 ou 16 séances.
Des études cliniques contrôlées ont très tôt démontré l’efficacité de cette approche thérapeutique dans le traitement non seulement de la dépression, mais aussi d’autres troubles psychiatriques, et ce aussi bien en phase aiguë qu’en phase de maintien. Cette efficacité a été démontrée dans les trois différents formatages thérapeutiques :les thérapies individuelles, les thérapies de couple et les thérapies de groupe. Plusieurs guidelines recommandaient alors la thérapie interpersonnelle comme l’un des traitements de choix pour les troubles dépressifs unipolaires. Pourtant, cette thérapie reste peu connue en France et moins diffusée que les thérapies cognitives et comportementales (TCC).
Si nous devions réfléchir aux raisons qui ont nui au succès de cette approche, nous dirions que, aussi intéressante soit-elle, la thérapie interpersonnelle restait malgré tout cantonnée dans le domaine de la recherche pour lequel elle avait vu le jour. Le manuel élaboré en 1984 y a forcément contribué, dans la mesure où nous estimons que ce dernier est davantage tourné vers la recherche sans être pour autant totalement adapté à la clinique. L’autre facteur permettant de comprendre ce manque d’intérêt tient à la confusion induite par une apparente proximité avec les TCC, en raison de l’usage de certaines techniques similaires.
En outre, aucun fondement théorique ne vient ouvertement étayer la prise en charge. Tout au plus, les auteurs font-ils allusion à la théorie de l’attachement comme à une référence ayant inspiré ce manuel.
Enfin, la relation thérapeutique n’a pas la place qu’elle mérite et se trouve bien peu considérée.